Merveilles de la planète
14/11/2012 18:48 par bibounette
Admirant les rochers présents dans les prairies Camille se disait qu’avec un peu d’imagination, on peut y trouver des formes ressemblant à des animaux (perroquet, cochon, crocodile…)
Aussi au loin on pouvait apercevoir les parkous, avec les murs de pierres sèches qui servaient autrefois à faire pousser des ajoncs pour nourrir les chevaux et se chauffer.
Elle arrive enfin au Kéo. C’est dans un accueil chaleureux et convivial qu’elle est reçu
Le Kéo, maison de caractère située à cinq mètres du port de Lampaul.
- Bonjour c’est vous qui m’avez appelez hier ?
- Oui
La tempête c’est calmé mais je ne sais pour combien de temps
- La traversée etait bonne ?Vous devez etre fatiguée, vous n’avez que ces quelques bagages ?
- oui c'est-à-dire que… Camille ne finit pas sa phrase.
Venez je vous montre la chambre, vous etes au troisième étage.
Tout en montant les escaliers,elles croisent un homme d’une quarantaine d’années .
Yan je te présente notre nouvelle arrivante Mademoiselle Castel.
- bonjour mademoiselle
- bonjour je m’appelle Camille.
- Enchanté Camille, si vous avez besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas. J’espère que vous vous plairez parmi nous. Suzanne « l’écrivain » ne dînera pas avec nous à midi
- sur Ouessant, ainsi que sur les légendes, et Yan en connaît un bout.
- Très interessant
- . Voila votre chambre.
- ouah ! Quelle vue !! s’exclama Camille
- (description de la chambre et de la vue)
Camille pensait à ce que lui avait dit Suzanne Braz, Yan est né sur l’île, peut être connaissait il Adrien ? Sa famille ? Quelle chance d’arriver en ce lieu, le frère de la propriétaire pourrait lui en apprendre d’avantage. Mais comment vais-je aborder le sujet ?
Tout simplement en faisant connaissance se dit Camille. De plus il a l’air très sympathique ce Yan
(Yan LAENNEC (demi frere) Suzanne et jean BRAZ les proprietaires du Kéo
Adrien kéméner ou kernic)
La maison qui se trouve pres du moulin sur un petit chemin en hauteur avant d’arrivée à Lampaul.
C’est la maison bleue ? on l’appelle comme ça !
Oui cette maison a qui appartient elle ?
Elle n’est plus habitée. Elle appartiient à la famille Kernic. Le fils Kernic on le voit plus depuis le drame.
Pourquoi vous etes acheteuse ?
Non simplement je voudrais retrouver le proprietaire.
Adrien kernic ? mais il n’est pas à Ouessant.
Heu, si si, c'est-à-dire que…
- Vous avez beaucoup de monde en ce moment ?
- Nous avons 6 personnes, dont 2 habitués qui viennent chaque année à la même saison, puis voyons nous avons l’écrivain monsieur legen, la mamy qui est arrivée il y a une semaine, elle vient de l’ille, ici elle appelle ça « son havre ». Puis le toubib avec son épouse, excusez moi monsieur et madame larieux et vous . Vous aurez l’occasion de faire leur connaissance ce midi les repas sont servis à 12h 30 et 19 H 30 le soir, si vous souhaitez ne pas prendre vos repas au Kéo, vous nous prévenez la veille. Puis si vous le souhaitez je peux vous préparer un petit panier repas, si vous décidez d’aller en ballade.
- - c’est très gentil merci.
-
. Vous restez combien de temps ?
- je ne sais pas 2 ou 3 jours je pense.
- oh ! en cette saison il n’y a pas foule à Ouessant, vous pourrez profiter pleinement de l’ile. Vous êtes en vacances ?
- heu ! oui en quelques sorte…
camille éludait la question. Vous êtes seule à vous couper du Kéo ?
Non, Habituellement mon mari est là mais il est parti quelques jours sur le continent. Il y a mon frère pour nous aider, enfin mon demi-frère le remplace en son absence.
Je vous laisse vous installer, puis il faut que je m’occpe du repas de midi.
Vous dinez avec nous ? au menu en entrée des coquillages, mais si vous n’aimez pas je pourrais vous donner autre chose.
Non non j’adore
Puis du Kig a farz
Kig a farz ?? c’est quoi ???
C’est une recette à base de viande dans de la pate
La recette me vient de ma grand-mère (du Léon).
Bon je vous laisse, à tout l’heure.
Suzanne était une vraie bretonne.
(voir physionomie bretons et carctere) D’un abord un peu froid mais très bavarde quand elle est confiance.
Depuis la fenetre camille ne se lasse du paysage.Partout autour, la mer est en vue, car nous sommes un peu en hauteur. L'on voit l'entrée du port, avec un autre bateau qui arrive et au fonds, le phare du Stiff. Quelques pêcheurs arrivent ou partent. Il y a aussi une voiture !
les vélos ne sont pas cadenassés sur l'île, que les quelques voitures sont garées, fenêtres et portes ouvertes. a vie a l'air si calme, si simple. Pas de vol, rien, les gens y vivent ici en communauté
C'est sous cette forme qu'il faudrait pouvoir vivre partout, sans avoir peur pour son vélo en allant chercher son pain.
Simplement le poser là. C'est si agréable de voir cela, et c'est ce qui me pousse à vouloir revenir ici vivre quelques temps, si un jour j'ai ce temps
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Le sentier descend à travers d'énormes terrains abandonnés aux herbes folles. On y trouve des mures... L'on voit ici de nombreuses ruines provenant d'anciennes maisons à l'abandon.
COPIE JUSQU’ICI |
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C'est extrêmement dommage que ces maisons soient abandonnées par leurs propriétaires. Il y aurait tant de choses à mettre en valeur, reconstruire les murets, mettre en valeur le patrimoine local. Que se passe-t-il ? Pourquoi toutes ces maisons sont abandonnées |
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mercredi 04 Mars 09
SUITE 7eme partie
HERITAGE DU PASSE
LES ANCETRES MARIN ET GARDIEN DE PHARE
Le lendemain matin le gris du ciel c’était alourdi, mais les nuages laissaient passer une clarté diffuse ce qui faisait espérer le soleil.
Ils sortirent de la maison, arpentèrent les rues en direction du port, les rues étaient vides. L’odeur de l’iode se faisait plus forte, Camille pensait qu’ils ne devaient plus être très loin du port. Ils entamèrent une descente qui aboutissait aux docks, un bistrot à l’angle de la rue et la rade les voila arrivés au débarcadère.
Il faisait frais, la bruine rendait l’atmosphère humide. Camille avait froid, Adrien l’a prend dans ses bras pour la réchauffer, lui chuchote à l’oreille « reste avec moi encore quelques jours ».
- je ne peux pas
- Allez vient nous avons le temps le « Penn ar bed « n’est pas encore arrivé, allons boire une bolée de cidre et manger une crêpe cela te réchauffera.
Neuf heure le « Penn ar bed arrive et décharge sa cargaison de touristes.
Personnes ne repart sauf quelques Ouessantins en partance pour le continent.
Camille est triste et pensait qu’au dernier moment Adrien changerait d’avis et rentrerait avec elle, jusqu’au dernier instant elle espérait.
La gorge serrée, elle tente de lui demander, « quand nous reverrons nous ? » mais rien de sort ; elle avait trop peur de la réponse et ne dit rien.
Il est l’heure, Camille embarque seule avec sa tristesse. Le bateau s’éloigne, il reste là, fait un signe de la main.
Camille le fixe jusqu’à ne plus le voir.
Il disparaît complètement, les larmes coulent sur ses joues..
Arrivée au Conquet elle prend la navette qui la mène à Quimper.
Trois heures se sont écoulées, il est près de midi quand elle arrive à l’hôtel.
Monte dans la chambre, prend une douche, s’allonge sur le lit et s’endort en pensant à Adrien.
Quand elle se réveille il est quatorze heure, passe vite un coup de téléphone à sa fille pour la rassurée, elle devait inventer une histoire pour son silence de la veille. Mais elle n’a personne au bout du fil et laisse un message sur le répondeur.
Elle descend ensuite à l’accueil se renseigner sur les horaires des trains pour repartir à Marseille.
Pas de train direct avant 20h ce soir. Il lui faudra attendre toute la journée, en d’autres circonstances cela lui aurait fait plaisir, pouvoir profité de cette ville, mais là elle avait envie de quitter rapidement la région.
A SUIVRE POUR LA 8EME PARTIE
elle avait envie de quitter rapidement la région….
FIN DE LA 7EME PARTIE fin de la correction du 6 mars 09 ok
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8 EME PARTIE à REVOIR Reine (attente de correction)
lundi 9 mars 09
Après avoir rassemblé ses affaires,
Camille se décide à quitter la chambre d’hôtel elle avait quelques heures à tuer avant de se rendre à la gare.
Elle fait quelques petits achats, des souvenirs pour les enfants.
Elle pensait à Adrien qui était resté à Ouessant. Regardait son portable toutes les cinq minutes pour vérifier si à tout hasard Adrien ne l’aurait pas appelé.
Rien.
Camille l’âme en peine déambulait dans les rues de Quimper, puis rentrant dans la cathédrale de St Corentin, fit une prière et ressortit puis alla dans un bar boire un café le même endroit ou ils étaient venus souvent tous les deux, elle s’assit à la même place.
- Madame
- Un café s’il vous plait avec un verre d’eau
- Très bien, vous êtes seule aujourd’hui ?
Merde il se souvient de moi, de nous.
Décontenancée, Camille rougit, puis les larmes lui montèrent.
- oui malheureusement
- je vous apporte votre café.
- Merci.
Le garçon arrive, lui porte son café et au même moment le téléphone avertit d’un message.
Camille cherche son téléphone dans son sac complètement paniqué et renverse le café.
Un sms c’était Adrien :
Qui voit Ouessant voit son sang, Qui voit Molène voit sa peine, Qui voit Sein voit sa fin, Qui voit Groix voit sa joie. Qui voit Belle-Ile voit son Ile...Je devais te dire les autres proverbes sur les îles. Je pense à toi, je n’ai que toi. kenavo
Camille se mit à sangloter doucement, le garçon un peu gêné apporta un autre café et lui sourit gentiment.
Epuisée par toutes ces émotions Camille décide de rentrer à l’hôtel se reposer un peu avant son départ. Elle s’étend sur le lit pour s’assoupir et finalement s’endort.
Elle se réveille en sursaut, d’un bond se lève, elle réalise l’heure qu’il était, 20h 15 elle vient de rater son train. !!!!
Elle ne sait quoi faire ?
Elle consulte son téléphone, elle avait deux messages en absence, un message sur le répondeur.
Sa fille l’a appelait pour lui dire : maman je vais chez tatie cette semaine, tonton vient me chercher, je suis trop contente je vais voir mes cousins et cousines à la campagne, les vaches…, j’espère que tu es d’accord ? hein maman ? bisous maman.
Camille est rassurée de ce côté-là, cela va même lui permettre de penser un peu plus à elle.
Mais qu’allait elle faire ? fallait il partir pour Marseille dès le lendemain matin ? rester à Quimper ? mille questions se posaient et tournaient dans sa tête. Elle reprend son téléphone consulte l’appel en absence, c’était Adrien !
Le lendemain matin
elle tente de rappeler Adrien, mais son téléphone est sur messagerie, Camille raccroche sans laisser de message, qu’allait elle lui dire ? elle réfléchit, pense à sa vie, ses désirs… la sonnerie du téléphone la sort de ses pensées.
- Camille, c’est Julien tu as bien eu le message de Laurie ?
- Oui Julien d’ailleurs j’allais te rappeler, Laurie avait l’air très heureuse que tu viennes la chercher. Tu sais j’ai raté mon train , je ne serais pas à Marseille à la date prévue.
- Ecoute !!c’est pas grave car on avait pensé avec Sylvianne la garder avec nous jusqu’à la fin des vacances, cela te pose un problème ? je voulais t’en parler avant de lui dire.
- Non frérot pas du tout, dis donc elle va être contente.
- A ça les enfants vont sauter de joie, ils s’entendent tellement bien.
- Tu peux me la passer ?
- Ils sont partis chercher du lait à la ferme, mais je lui dis que tu as appelé et surtout que tu es d’accord pour qu’elle reste. Quel temps as-tu en Bretagne ?
-
- J’ai eu du beau temps jusqu’à présent, mais depuis deux jours lil c’est un déluge, la mer est déchaînée, je te laisse juju merci.
La voilà libre, comme si par enchantement les événements lui dictaient se qu’elle devait faire. Le temps est suspendu….
La pluie ne s’arrêt-elle donc jamais ici !!!, pensais Camille.
En effet depuis plus deux deux jours la météo n’était pas au beau fixe.
Elle ne savait toujours pas quelle décision elle devait prendre. Rentrer ? rester ? ou retourner à Ouessant ??
Camille composa le numéro d’Adrien, toujours sur répondeur. !
Mais pourquoi il réponds pas ? que fait il ? toutes ces pensées aller vers lui. Inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles elle quitte l’hotel de quimper règle sa note ne sachant toujours pas ce qu’elle allait faire.
En se dirigeant vers la gare sur la porte d’une petite boutique voit ceci :
Suzanne et jean BRAZ
LE KEO vous accueil à Ouessant
Chambre d’hôtes
bourg de Lampaul
29242 OUESSANT
pour plus de renseignements :
TEL :06 17 88 59 57
Machinalement et sans réfléchir prend les renseignements.
et compose le numéro Une femme accueillante lui répond :
- oui il nous reste 2 chambres d’hôte C’est pour quel période ?
- tout de suite ! surprise elle-même par sa réponse la dame lui répond :
- Tout de suite ? vous êtes sur le continent je suppose ?
- Oui
- Le temps ne vous permettra aujourd’hui de venir sur Ouessant quand la mer est grosse, le bateau n’arrive pas à Ouessant. Je pense que demain le temps sera plus clément. A demain
- Très bien merci à demain.
Par mauvais temps « Ouessant redevient sentinelle solitaire perdu au beau milieu de l’océan.
Elle repart pour Ouessant le lendemain à Ouessant au Kéo.
Mardi 10 Mars
Le kéo
Bonjour monsieur Excusez moi pour rejoindre « le Kéo » ?
Au port de Lampaul, prenez à coté de la station SNSM un chemin qui grimpe un peu, mais vous verrez il y a une très belle vue sur la baie. Vous passerez non loin d’une digue puis en continuant toujours tout droit, vous longez la petite grève de Port Noan juste après avoir longé la mairie. Ce sentier vous y amènera et vous y serez. Vous verrez une belle maison aux volets bleus et Vous aurez une belle vue sur la baie de Lampaul et la cote sud.
- merci
L’endroit est charmant, le chemin par lequel on accéde au Kéo permet de bien voir la lande bretonne constituée d'ajoncs, de bruyères et de genets. Un peu plus loin, on trouve une pyramide blanche, c'est un amer. Il sert aux marins pour prendre des repères et s'orienter.
On peut aussi apercevoir l'ilot de banneg et l'ile de Molène au loin.
« La légende des pleurs de la femme de Lampaul »
> Il y avait autrefois une femme à Lampaul qui s'était retrouvée veuve très jeune. Il ne lui restait de son mariage qu'un seul enfant, un petit garçon qu'elle chérissait plus que tout. Hélas, son fils tomba bientôt malade, et décéda rapidement laissant sa mère dans un profond désespoir. La pauvre femme était inconsolable et pleurait à chaudes larmes jour et nuit. Les semaines et les mois passaient sans que cette douleur ne s'estompe. La famille et le voisinage s'inquiétaient de voir une telle obsession. Conseil lui fut donné d'aller demander l'avis du recteur de la paroisse. Ce dernier, qui connaissait bien la malheureuse, lui dit :- Puisque vous souhaitez revoir votre fils, il vous faudra sortir après minuit et regarder attentivement. A cette heure, les anges se promènent et vous seule pourrez les voir car vous avez un grand chagrin. Parmi eux sera votre fils et vous pourrez lui parler.
> La femme retrouva un peu d'espoir et attendit avec impatience la nuit. Et elle vit les anges comme le recteur le lui avait dit. Elle observait attentivement les visages des anges qui passaient sous ses yeux, mais elle n'y reconnaissait pas son fils. Lorsque le dernier ange du groupe fut passé, elle en aperçut un isolé qui avançait moins vite que les précédents : c’était lui ! Il était trempé et portait deux seaux d'eau qui paraissaient très lourds.
> - Mon pauvre petit ! Que t'est-il arrivé ? Pourquoi es-tu si lourdement chargé ?
> - Maman, depuis que je suis parti tu n'as cessé de pleurer. Toutes les larmes que tu verses pour moi je suis condamné à les porter ainsi. Cesse donc de pleurer pour me délivrer.
Puis le fils disparut de sa vue. Les pleurs de la mère diminuèrent alors chaque jour un peu, pour finalement disparaître.”
Tiré de :
croyances et superstitions
http://levraijournal.unblog.fr/2009/01/16/croyances-et-legendes-les-pleurs-de-la-femme-de-lampaul/
- c’est très joli
- tu trouves ? ah tu trouves ! Mais tu ne comprends donc rien !
- Mais qui y a-t-il à comprendre à la fin ?
- Que c’est une histoire triste, et qu’il y en a des centaines comme ça, et que la vie est pleine de ce genre de malheur !
- mais qu’est ce qu’il te prend enfin ? j’en ai assez, toute la journée tu a fait la tête et voilà que maintenant tu m’envoies balader.
- Ah nous y voilà ! Tu ne peux te mettre à la place des gens d’ici. Tu es du « continent », toi, c’est touj…
Elle l’interrompit :
- les gens du continent ? quoi les gens du continent ?
Mais pourquoi, tu n’es pas du continent toi ? Camille commençait à s’énerver.
Adrien sentant sa colère tempéra ses propos :
- Je voulais juste te faire comprendre que « la vie des marins » est vraiment à part, elle est dure, impitoyable.
- la vie des marins ? Mais qu’est ce que tu racontes ? tu n’es pas un marin, on dirait que tu en fait une affaire personnelle de tout ça, Ouessant t’es monté à la tête ma parole, et d’abord, cette histoire que tu viens de me raconter, c’était pour me faire passer un message, allez, vas-y, je t’écoute.
Adrien garda le silence :
- Ah ! Monsieur se tait, Monsieur n’a plus rien à dire. Mais moi, je n’y suis pour rien dans tout ça, je me doute que tu as souffert, et je ne demande qu’à t’aider, mais vois-tu, tu ne fais rien pour m’encourager au contraire, tu te comportes d’une manière détestable ! Je sens bien que depuis que nous sommes sur l’île tu es différent, distant, ailleurs. J’ai patienté toute la journée, à présent c’est trop, ou tu vides ton sac ou je rentre directement à Marseille une fois arrivée à Quimper. S’il le faut je prendrais le train.
FIN 5EME PARTIE
(revu corrigé Reine copcol denise samedi 9 mars)
A suivre...
SUITE 6EME PARTIE
( revu corrigé Reine copcol denise )
Mardi 3 mars 09
- à ta guise, tu fais comme tu veux, je ne te retiendrais pas !
Anéantie Camille retenait ses larmes et tentait d’apaiser ses émotions.
- tu me fais peur Adrien !
Tout lui semblait si triste d’un coup, Ouessant si merveilleux devenait affreux !
Elle aurait voulu disparaître, ne plus exister, ne plus être là sur cette île maudite.
Les minutes qui lui semblaient des heures s’��coulaient lentement.
De toute façon elle devait attendre le lendemain sur cette île du « bout du monde » pour savoir comment elle procéderait.
Pour le moment elle se résignait.
Les heures passées interminables dans le silence, seul le crépitement du feu se faisait entendre.
Camille recroquevillée sur un vieux sofa essayée de retrouver ces esprits, de se reposer dans cette maison aux murs blancs remplie de toute une histoire qui lui été inconnue.
Les yeux mis clos, elle faisait semblant de dormir. Dans sa tête défilé les moments de cette journée étrange.
Adrien assis devant la cheminée fixait le feu.
Puis elle l’entendit se lever, marcher d’un pas lourd se diriger vers ce qui faisait office de cuisine se faire chauffer de l’eau pour un café. Puis revenir s’allonger sur le tapis devant la cheminée.
Elle l’entendit même pleurer doucement.
Mais quel était ce mal qui le rongeait ?
Camille avait le cœur serré de l’entendre ainsi gémir
. Il était en souffrance manifestement, elle se demandait si elle pouvait tenter d’aller vers lui pour le soulager, le cajoler, le consoler.
Mais n’allait il pas encore la repousser ? Elle ne le supporterait pas.
Elle décida de sortir prendre l’air et en profitait pour fumer une cigarette.
La nuit était sombre et silencieuse.
La douce fraîcheur iodée lui fit du bien.
En admirant le vaste ciel qui dominait cette terre plate, elle réfléchit, à elle, à lui.
Se remémorait tout ces moments depuis leur départ de Marseille.
4EME REPAS SOIR ET FEST NOZ
( revu et corrigé Reine)
- Ce soir Grande soirée Moules Frites ça te dit ? Puis Grand Fest-noz sur plancher, tu crois que tu auras encore des forces ?
- Pour qui me prends-tu ? Je suis là pour m’amuser et je compte bien en profiter !
Camille et Adrien étaient attabl��s au milieu d’autres personnes dans une ambiance Bretonne des plus pittoresques. Ils dégustaient les fameuses « moules frites » qui n’avaient rien à envier à leurs consoeurs belges, au son de musiques celtiques.
Les groupes de musiciens bagadous se préparaient pour la Fest noz de la soirée, la foule se faisait de plus en plus dense et les gens étaient gais, affables et souriants, prêts pour une nuit de folle danse bretonne.
Adrien et Camille se joignirent à eux pour une de ces rondes bretonnes endiablées. Les danses se succédaient : gavotte, dans fisell, valse écossaise, laridé, joyeuses et vivantes, au son de différents groupes de musique.
- Les danses bretonnes sont avec la musique l’une des expressions culturelles les plus diversifiées de cette région.
- Je vois… Camille s’arrêta un instant de danser et s’écarta du groupe qu’ils avaient formé avec d’autres danseurs.
En effet, ce sont souvent des danses collectives, les gens se tiennent par la main afin de former des rondes ou des chaînes. Traditionnellement, un grand nombre de danses sont chantées. D'autres sont accompagnées par des instruments de musique : violons, accordéons ou par des instruments typiquement bretons : la "bombarde" et le "biniou". Les musiciens (les sonneurs) se regroupent dans un "bagad".
- sais tu que l’on ne danse pas tout à fait pareil dans le pays de Cornouaille, comme dans le pays bigouden, ou dans le centre de la Bretagne ou même le pays de Léon, pays nantais, Chaque danse est différente.
- mais comment fais-tu pour les reconnaître ?
Adrien éclata de rire :
- c’est de naissance ! On a ça dans la peau nous les Bretons. Je t’expliquerai ces différences plus tard, pour l’heure tu peux te contenter de sautiller. Pour la gavotte et pour l’andro tu garderas le pied plus lourd, bien à plat .Les mouvements des bras sont amples et scandés les pieds bien en appuis. En fait, les danseurs doivent se tenir par le petit doigt et faire des roulements ou des déroulements des bras, selon les pas.
-
Comme ceci, tu vois ?
- oui !oui ! Je vois
- La plupart des danses sont de légers pi���tinements qui, à l'origine, exprimaient la joie pendant des noces ou tassaient le sol de l'endroit à battre. Ca, c’est pour l’info historique ! Montre moi comment tu t’en sors : pas mal, pas mal du tout !
- Camille était heureuse comme elle ne l’avait pas été depuis longtemps. Elle admirait Adrien. Elle tombait amoureuse…
- Tu sais, à vingt-et-une heure, grand concert avec « Allan Stivell» célebre musicien et de musique bretonne mais aussi de tous les pays celtiques. Il commencera son récital par « brian boru »
-
- C’est pas vrai ? Décidément je suis en plein rêve !
Camille adorait ce chanteur et fut en extase en l’entendant chanter.
Adrien était lui aussi un fan inconditionnel : encore un point commun entre eux…
Il y eut aussi Dan Ar Braz, bagad de lann bihoué, bagadou bretons, chants de marins….
La soirée se termina par une gavotte… et Camille la finit sur les genoux. Elle s’endormit à peine la tête posée sur l’oreiller.
5 EME PARTIE sur l’île d’Ouessant
( revu et corrigé Reine)
Camille regardait tendrement Adrien. Sa chevelure blonde, ses yeux bleus lui donnait un air enfantin, touchant. Elle avait envie de se rapprocher de cet homme qui l’émouvait.
Cependant, quelque chose la chagrinait, en effet, depuis leur arrivée sur l’île, il paraissait différent.
Cela faisait une bonne heure qu’ils marchaient sur l’immense plage de sable fin qui s’étendait à perte de vue, face au spectacle grandiose de l’océan déchaîné. Taciturne et silencieux Adrien semblait « ailleurs ».
- ça va ?
- oui
- ça n’a pas l’air ! j’ai fait ou dit quelque chose quelque chose qui te contrarie ?
- mais non, ah les filles, faut toujours que ça imagine des tas de trucs pas clairs, on dirait que ça vous fait vibrer !
Il dit cela avec tant d’amertume que Camille se sentit soudain perdue, décontenancée et stupéfaite par ce changement d’attitude si soudain.
Elle décida de s’éloigner un peu :
- Je vais prendre quelques photos, c’est tellement beau.
Il ne répondit pas, il se contenta d’un oui de la tête à peine esquissé. Assis sur un rocher le regard dans le vague, les yeux perdus dans l’horizon, loin, très loin. Elle découvrait un autre Adrien qu’elle ne comprenait pas. A quoi était donc dû ce changement ? Peut-être qu’il se lassait déjà de leur périple et qu’il voulait rentrer ? Que devait elle faire ou dire, pour mettre fin à cette situation qui la mettait vraiment mal à l’aise. Elle pressentait qu’un évènement du passé était en train de ressurgir du profond de son être, mais quoi ?
C’est vrai que de son passé en Bretagne il n’en n’avait jamais vraiment trop parlé, si ce n’est quelques anecdotes des vacances qu’il y passait étant enfant.
Camille revint de sa séance photos et tenta de renouer le dialogue. Elle se risqua à provoquer des confidences :
- Tes parents habitent-ils toujours ici ?
Il lui lança un regard qui en disait long. Elle comprit qu’elle avait touché un point sensible. Elle l’encouragea :
Il parlait si bien de sa Bretagne.
Elle l’aurait écouté des heures comme ça. Tout en l’écoutant elle découvrait un autre Adrien, plus vrai, plus authentique,
Dans le pays de ses racines.
Quelle coïncidence, elle qui aime tant cette ville de Bretagne.
Ce garçon rencontré à Marseille y était né ! C’était quand même fabuleux, un extraordinaire concours de circonstance.
- Dis moi on pourrait prendre le bateau pour aller jusqu’à île d'Ouessant il n’y a que 45 minutes de traversée.
Cette île fait partie du parc régional d’Armorique et abrite d’importantes colonies d’oiseaux migrateurs tu verras.
T’as le pied marin au moins ??
- oui ! oui ! oui ! j’ai toujours rêvé d’aller à Ouessant ; c’est une super idée et puis tu sais, je n’ai jamais le mal de mer, j’adorerais ça ! on le prévoit pour quand ??
- Eh bien voyons… le festival de Cornouaille dure neuf jours, on peut très bien faire une petite escapade en mer, à moins que tu ne puisses pas de passer de la musique celtique pour une journée ?
C’est très grisant le son des bombardes et cornemuse j’en convient mais une petite pause tu verras sera nécessaire.
- Je crois que tu as raison, de toute façon je m’en remets totalement à mon guide…
- Tu sais Camille, tu pourrais t’en remettre à moi pour plein d’autres choses de la vie, je suis quelqu’un qui assume, je peux à notre retour organiser une vie qui te plaira, je veux te faire oublier ton passé, je veux te donner ce que tu mérites.
Camille saisit la main d’Adrien et la serra très fort :
- Dès ce soir je te promets que tu sauras tout de ma vie, et après, si tu n’es pas effrayé, si tu te sens toujours le courage de faire tout ce que tu as dit, je t’assure que je serai prête pour l’aventure…Mais il faudra que tu me parles de toi aussi Adrien cela n’est pas à sens unique je te le répète…
- Camille… Je… il me tarde de te prendre dans mes bras.
Elle se mit à rire :
- tu attendras que nous soyons descendus de voiture, regarde la route, ce serait trop bête que nous ayons un accident maintenant…
Ils continuèrent ainsi pendant encore une bonne heure, sans plus un mot, se nourrissant du paysage. Adrien brisa le premier le silence :
- A quelques kilomètres plus loin en direction de Douarnenez il y un le panorama de la baie de Douarnenez tu verras tu en auras le souffle coupé.
- Nous allons faire un petit détour avant d’aller à Quimper et passer par Locronan L’Ancienne cité de Tisserands et aujourd’hui village d’artisans…
Qui doit sa renommée au commerce des toiles pour Des voiliers.
- Tu connais bien ta région !!
- tu y es déjà allé ?
- Ah oui c’est magnifique, ce village est vraiment adorable, nous devons laisser les voitures à l’extérieur c’est bien ça ??
- Oui c’est pour préserver toute la beauté du lieu.
- Et on y Déguste les Délicieuses Crêpes Bretonnes à Locronan!
En longeant la baie on peut voir la Presqu’île de Crozon, Morgat, le port de Camaret, la pointe de Pen-hir, les pointes du Raz, regarde vue d’ici c’est magnifique.
- Ah oui, en 2005 j’ai passé mes vacances à Crozon Morgat un endroit féerique, j’en garde un souvenir impérissable.
- Dis donc tu es vraiment accroc de la Bretagne pour une Marseillaise !
- Oui Marseillaise de naissance mais Bretonne de cœur, tu sais que ma grand- mère maternelle était bretonne ? Enfin de la haute Bretagne et Normandie. Je pense que cela doit venir de là.
- S��rement, on n’échappe pas à ses origines.
- Moi tu vois, ce sont les côtes abruptes de l'Atlantique m’ont toujours fascinées, le dépaysement est total les paysages époustouflants je suis tombée sous le charme de la Bretagne il y a quelques années, un vrai coup de foudre. Je comprends l'attachement légitime des Bretons à leur région. On ne peut rester indifférent au subtil mariage entre couleurs et formes des roches et de l’océan.
> - Je pense que tu n’auras pas assez de toute une vie pour tout voir de la Bretagne à moins de venir d’installer dans la région. Toi qui aimes les randonnées, les ballades, ici en Bretagne il y a 4000 km de sentiers balisés tu as de quoi faire. Tu découvres la côte déchiquetée par l’océan avec ses falaises de granit jusqu’au parc naturel régional d’Armorique.
Puis en redescendant vers Brest tu arrives au pays d’Iroise et d’Ouessant…
- Ca me paraît tellement féerique tout ça ! Tu sais, j’ai envie de prendre un café.
- Pas de problème, on va s’arrêter.
Quand ils furent attablés, Adrien reprit ses explications en s’aidant de repères sur la carte de la Bretagne qu’il avait étalée. Ils sirotèrent leur café.
- Tu verras ce sera que du bonheur, des rencontres, des paysages magnifiques tantôt impressionnants de douceur ou tantôt surprenants dans sa furie lors des grandes tempêtes !
- Allez on se dirige vers Quimper à présent assez flâné.
- La Cornouaille Bretonne c’est d’autant d’images qui défilent dans une même journée !!!.
Enfin ils arrivèrent à destination.
Ils partirent se balader par les rues piétonnes dans le centre historique de Quimper.
- oh, les crêpes, l'océan, tu dois aimer la Bretagne toi ?
>
> - si je l'aime ? Mais c'est toute ma vie !
>
> Adrien eut soudain l'impression que Camille avait déconnecté du présent. Elle avait les yeux dans le vague (re-pas fait exprès...). A un moment, elle lui saisit la main et lui dit :
>
>
> Tu sais la Bretagne, c'est vraiment une région magnifique avec ses plages de sable fin qui n’en finissent plus. Je me vois bien partir avec toi, divaguer, retrouver cette odeur iodée, ce clapotis des vagues qui viendraient s'échouer sur nos pieds. Retrouver ce petit vent frais qui nous caresserait le visage, et surtout l'impression d'être à la fois libre et en même temps si seuls !! Face à cette immensité, face à l’océan qui nous hypnotise et que l’on ne se lasse pas de regarder, se laisser prendre par sa puissance qui peut nous surprendre et nous apaiser aussi...
>
> Ce serait tellement agréable, de marcher les pieds nus dans le sable humide, de s’asseoir au soleil qui nous réchaufferait, de ramasser des coquillages et des galets trouvés nulle part ailleurs.
>
>
> Tu sais là-bas, la lumière est si forte que cela nous oblige à fermer les yeux. Puis, le soleil se cache,le ciel s’obscurcit de gros nuages comme des boules de coton et soudain un orage éclate !! !
>
>
> Adrien l'arrêta :
>
>
> - laisse moi poursuivre : un orage éclate, je te mets ma veste sur les épaules et je t'entraîne jusqu'à notre chaumière où je te fais un grog bien chaud. Je sèche tes longs cheveux avec mon pull et ensuite, je te joue à la guitare une vieille balade bretonne ou je te raconte une des nombreuses histoires que ma grand-mère me disait quand j'étais tout petit ….. Et que… Des histoires de marins qui ne sont jamais revenus, des rochers immenses et de sorcières… ah !
>
>
> - Quelle imagination !
>
> - pas tant que ça... ma famille est bretonne depuis 3 générations
- C'est pas vrai ? Mais, tu y vas encore ?
> - non, non la maison de mon enfance a été vendue, je n'ai plus d'attache
Adrien hésita avant de dire cela et devient soudainement songeur, son regard devient triste
> - tu y retournerais avec moi ?
>
> Adrien ne répondit pas tout de suite puis se reprit et dit :
en approcha sa chaise de celle de Camille , se mit à genoux près d'elle et lui prit les deux mains :
>
>
> - si tu me dis que tu m'aimes, juste un peu, je t'emmène en Bretagne quand tu veux, je te le promets
>
> Camille approcha son visage d'Adrien, déposa un baiser sur son front
>
> - cela fait des années que je n'ai pas dit cela à un homme, alors, je pèse bien mes mots :
>
> Adrien, je sens que je peux t'aimer, oui, je sens que j'ai envie de t'aimer
>
>
> Il la saisit dans ses bras et lui donna un baiser passionné dont ils ressortirent tous deux essoufflés et tremblants.
>
>
> - Camille, parle moi de toi, je veux te connaître, laisse toi aller, aies confiance.
Elle lui répond :
> - Adrien, parle moi de toi, je ne peux me livrer sans connaître vraiment la personne à qui je vais me confier je ne connais pas grand-chose de toi non plus. Allez partons, allons dans un endroit tranquille... chez toi... mais tu promets que tu seras sage ?
>
> - je pourrais au moins t'embrasser ?
>
> - tu pourras...
Mercredi 18 Février 2009
Il faisait nuit depuis déjà quelques heures quand ils arrivèrent à Molac. Molac est une petite bourgade à 25 kilomètres de Vannes et de la mer.
>
> Camille qui s'était endormie fut réveillée par le ralentissement soudain de la voiture :
>
> - Mmm... je crois que j'ai dormi... Où est-on ?
> - Pas loin de l'hôtel, réveille toi doucement
>
> - Dommage qu'il fasse nuit, on ne voit pas le paysage.
>
> Elle ouvrit la fenêtre, l'air frais la saisit.
>
> - il ne fait pas chaud ! Mais je sens l'air de la mer, tu sais, nulle part ailleurs il y a cette odeur
>
> - c'est ici que j'ai vécu mon enfance, je te le rappelle
>
> - c'est vrai, je suis bête ! Mais je suis tellement contente de me retrouver ici, avec toi...
>
> Adrien la regarda avec des yeux d'une infinie douceur :
>
> - moi aussi et tu ne peux savoir à quel point.
>
> Une route sinueuse les mena jusqu'à un grand portail demeuré ouvert. Dans le fond d'un vaste jardin on pouvait distinguer une bâtisse blanche et imposante.
>
> - c'est l'hôtel, on y est. Ca va ?
>
> - si tu me demandes si je suis bien réveillée, ça oui !
>
> - parfait, on se gare et on se dépêche d'entrer, j'ai hâte de me reposer
>
> - c'est vrai que tu as conduit presque tout le long, au retour je te promets que je me rattraperai
>
> - ne t'inquiète pas, la route cela ne me fait pas peur. Allez, on y est, je vais te donner ton sac.
>
> Camille remit sa veste et descendit de voiture. Elle attendit qu'Adrien récupère les bagages et ils entrèrent dans l'hôtel. Une femme d'une cinquantaine d'années était assise derrière le comptoir. Elle faisait des mots croisés. Quand elle les aperçut elle enleva ses lunettes et leur sourit :
>
> - ah je crois que vous êtes les clients que j'attendais, de Marseille n'est-ce pas ?
>
> - Oui, nous sommes un peu en retard
>
> - aucun problème, ce n'est pas la porte �� côté, bon, vous aviez réservé deux chambres ?
>
> En disant cela elle posa un air interrogateur vers Adrien :
>
> - oui, deux chambres s'il vous plait
>
> - voici les clefs, vous êtes au troisième étage, à droite, au fond du couloir. Vous prendrez un petit déjeuner ?
>
> - cela dépend des horaires
>
> - nous servons jusqu'à dix heures trente
>
> Adrien interrogea Camille du regard qui acquiéça :
>
> - très bien, deux petits déjeuners alors.
>
> - parfait, bonne nuit messieurs dames.
>
> Ils empruntèrent le grand escalier aux marches de marbre et arrivèrent essoufflés au troisième étage :
>
> - va falloir faire du sport, on n'est plus bons à rien !
>
> - parle pour toi, moi je fume, j'ai une excuse !
> - quelle mauvaise foi ! Bon, te voilà devant ta porte...
>
> Un silence gênant s'installa entre eux. Elle sentait qu'Adrien n'attendait qu'une parole de sa part pour entrer, mais elle ne dit rien.
Il sauva la situation :
>
> - bon, eh bien je suis vraiment très fatigué, je te souhaite une bonne nuit Camille et si tu as besoin de quoique ce soit je ne suis pas loin. Je pense même que nos murs sont mitoyens, tu n'auras qu'à taper très fort contre la cloison. Plus sérieusement mon téléphone restera allumé toute la nuit, ok ?
>
> - merci Adrien, bonne nuit et à demain
>
> - je viendrai te réveiller
>
> - d'accord
>
> Ils entrèrent chacun dans leur chambre sans même un baiser car ils savaient l'un et l'autre qu'ils ne pourraient pas s'en tenir là. Camille pensa qu'Adrien était vraiment un être délicat et elle l'apprécia davantage encore. Elle découvrit sa chambre avec joie : un grand lit confortable avec un édredon bien joufflu, une vaste salle de bains avec baignoire. Elle décida d'ailleurs de prendre un bon bain avant de se coucher. Le voyage avait été long et elle mourait d'envie de se détendre. Elle se dit qu'elle aurait bien partagé ce moment avec Adrien mais elle se reprit bien vite : elle avait insisté pour prendre deux chambres, elle n'allait pas faire l'enfant gâté si tôt arrivée. Elle verrait dans les prochains jours comment les choses se passeraient avec son compagnon. Après tout il demeurait un quasi inconnu... et elle avait pris l'habitude de se méfier...
Revu et corrigé
samedi 21 février
Ils avaient prévu de partir le lendemain pour Quimper.
Camille n’arrivait pas à dormir, trop fatiguée peut être ? A tout cela il fallait rajouter une sorte d’excitation de se retrouver enfin en Bretagne, une région où elle s’était toujours sentie bien, en harmonie avec la nature et les êtres, une espèce de prémonition ? C’est sur ces pensées qu’elle trouva enfin le sommeil.
Elle dormait profondément quand elle fut à moitié réveillée par un bruit régulier à peine audible. Elle jeta un œil sur son portable : huit heures, bien trop tôt pour se lever, même en Bretagne. Sans compter que la nuit avait été courte. Camille presque replongea presque aussitôt dans son sommeil.
Cependant, pas pour longtemps car le même bruit se répéta et la réveilla cette fois-ci complètement.
Le temps de retrouver ses esprits et elle comprit que l’on frappait à la porte.
Camille enfila son peignoir et se dirigea vers l’entrée : personne ? A moitié endormie et pensant qu’il s’agissait de la femme de ménage, elle s’apprêtait à regagner son lit quand de nouveau elle perçut le même son…
Camille comprit enfin que, de l’autre coté, Adrien tapait contre la cloison.
Elle s’approcha de la cloison, amusée, et frappa doucement au même rythme qu’Adrien quelques secondes. Puis elle lui téléphona :
- Dis donc t’es matinal ! il y a longtemps que tu essaies de me réveiller ?
- Au moins un quart d’heure. Je n’osais pas taper à ta porte.
- Tu as très bien fait, tu m’aurais vue en colère, ce n’est pas très beau…
- C’est qu’il me tarde tant d’arriver à Quimper ! J’aimerais que nous y soyons bien avant le départ du festival de Cornouailles et puis… j’ai tant de choses à te faire découvrir !
- Je sais, moi aussi, mais je dormais si bien… Et toi comment s’est passée ta nuit ?
- J’ai dormi comme un bébé. Mais dis-moi, cela ne serait-il pas mieux de discuter face à face sans ce mur entre nous ? On descend déjeuner ?
- déjà ? bon ok le temps de prendre une douche et me rendre présentable j’arrive.
- je suis sûr que tu es très belle au réveil, mais je connais les femmes. Alors, je t’attends en bas ?
- oui dans la salle à manger, trouve nous une table près de la fenêtre, j’en ai pour 20 minutes.
Adrien attablé attendait avec impatience que Camille arrive. Puis, l’apercevant :
- Ah te voilà ! Tu es magnifique ! Quelle belle jupe ! On dirait une princesse ! Tout comme dans mes rêves de môme…
- Ne te moque pas…
- Je te jure que je suis sincère, viens t’asseoir, j’ai pris la liberté de commander du jus de fruits, des crêpes et du café, ça te va ?
- Et comment que ça me va ! J’ai une faim de loup, depuis le sandwich à dix-sept heures hier, on a rien avalé !
- C’est vrai, mais quand je suis avec toi je n’ai plus besoin de me nourrir, ta présence me suffit…
- A n’importe quel autre homme j’aurais répondu que c’est un beau parleur, mais toi je te crois, je le vois dans tes yeux.
- C’est la première fois Camille que tu me parles de la confiance que tu as en moi, j’en suis très touché.
- Je ne te demande qu’une chose, ne me déçois pas.
- Je te promets que si un jour je te fais de la peine ce sera complètement involontaire et je ferais alors tout pour me faire pardonner.
Camille lui sourit et admira le paysage à travers les baies vitrées : ils avaient de la chance, il allait faire beau, le chemin jusqu’à Quimper s’annonçait des plus délicieux. On leur apporta le petit d��jeuner et ils mangèrent en silence.
Ils se dépêchèrent ensuite de prendre la route.
Adrien avait l’air très heureux de se retrouver là dans sa région et heureux aussi de pouvoir partager avec Camille ces moments privilégiés.
Pendant le trajet il lui parla encore et encore de cette région magnifique où il avait grandi, de Lorient « la ville aux cinq ports, située au cœur de la Bretagne sud.
Cette ville ouverte sur la mer par sa rade, marquée par son histoire et un patrimoine maritime exceptionnel.
Une situation tout à fait originale par toute sa diversité, terre, mer, îles.
Puis il lui parla de sa ville natale « Quimper ». Plus précisément dans le vieux Quimper, là où il était né. Il était intarissable sur le sujet.
Il avait dû quitter sa région pour des raisons professionnelles il y avait quelques années déjà, et cela avait été un vrai déchirement.
Quimper ville d'art et d'histoire.
> Quimper et ses traditions ancestrales sa vieille ville avec ses maisons à colombage, ses maisons en pierre
Les remparts et la Cathédrale St Corentin
Puis …puis
> La rivière l'Odet qui traverse la ville
BALLADE CELTIQUE
- Bonjour, je peux m'asseoir ?
>
> - la plage est à tout le monde
>
> - vous avez du feu ?
>
> ( elle lui tends une cigarette) :
>
> - merci. Vous savez, moi aussi je viens souvent au bord de l'eau pour recharger mes batteries.
>
> - Ah je croyais qu'il fallait une prise pour ça...
>
> - oh c'est pas gentil ça, pour vous faire pardonner, vous allez accepter de boire un café avec moi ?
>
> elle hésites, et vois qu'il attend le coeur serré la réponse, puis elle lui dis :
>
> - c'est d'accord pour un café...
>
> A ce moment-là leurs regards se croisent, il sourit, il a des yeux très doux, il est sûrement très gentil et elle va dire "pourquoi pas ?"...
>
>
>
Très galant, il lui désigna les deux ou trois brasseries qui bordaient la mer :
>
> - alors, laquelle vous plait le plus ?
>
>
> Camille hésita quelques secondes et se décida pour celle aux fauteuils vert anis. Ils s'asseyèrent côte à côte, face à la plage. Elle sortit une autre cigarette du paquet et il se pr��cipita sur son briquet pour l'allumer.
> - merci
>
> - vous fumez beaucoup ?
>
> - pas mal...
>
> - c'est pour compenser quel vide ?
>
> - vous êtes trop curieux.
>
> Cette dernière réflexion le poussa au silence et il ne dit plus rien. Le garçon apparut, très mince, visiblement débordé :
>
> - on vous sert ?
> - non, deux cafés s'il vous plait.
>
> Camille, consciente qu'elle n'avait pas été très gentille tenta de relancer la conversation :
>
> - vous venez souvent ici ?
>
> - oui, assez souvent. Enfin, quand il fait beau, sinon, j'aime bien aller au cinéma, et vous ?
>
> - la mer oui, marcher aussi en forêt mais le ciné pas trop, je préfère regarder la télé tranquillement chez moi. Je n'aime pas être dans une salle sombre au milieu de gens que je ne connais pas. Partager des moments privilégiés avec des inconnus me dérange.
>
> - je suis un inconnu, et pourtant nous partageons un instant particulier, non ?
>
> Camille sourit, et l'observa : grand, mince, châtain très clair, presque blond. Un regard doux et bienveillant mais elle avait eu tellement de déceptions dans sa vie qu'elle avait appris à être prudente. Il reprit :
>
> - je pense que le délai raisonnable pour connaître nos prénoms est arrivé à échéance, non ? Moi je m'appelle Adrien.
>
> - moi c'est Camille..
>
> - tu es très belle Camille...
>
> - tu es un beau parleur Adrien...
>
>
> Il s'énerva :
>
> - t'es toujours comme ça ? Sur la défensive ? Il faut un peu te laisser aller, c'est pas marrant la vie si on ne se livre jamais, si on garde tout pour soi...
>
> - tu connais pas ma vie, tu ne sais pas ce que j'ai vécu, tu ne sais rien...
>
> - je ne demande que cela de savoir, de t'écouter, j'ai envie de te connaître mieux, j'ai tout de suite senti quelque chose de fort qui m'a poussé vers toi.
>
> - ça suffit !
>
> Sur ce, elle se leva, le plantant là juste au moment où le garçon arrivait avec les deux cafés, médusé de voir Adrien se lever à son tour. Il s'écria :
>
> - eh ! J’en fais quoi moi des cafés ?
>
> Adrien se retourna :
>
> - buvez les à ma santé !
>
> Et il courut, rattrapant Camille par le bras :
>
> - d'accord, tu es une écorchée vive, mais ce n'est pas une raison pour me traiter comme ça, fais comme tu veux, ne dis rien, garde tout pour toi mais laisse moi juste entrer dans ta vie, à peine, sur le seuil, jusqu'au jour où tu auras suffisamment confiance pour en accepter davantage. Je veux te prouver ma sincérité... Je veux te parler, de moi, de ce que j'ai vécu aussi, laisse moi une chance, ne me ferme pas ta porte, pas maintenant...
>
>
> Camille sentit qu'il était sincère, mais elle hésitait et le regardait droit dans les yeux, puis elle lui dit :
>
> - tu veux faire quelque chose pour moi ?
>
> - oui, tout ce que tu veux...
>
> - n'en fais pas trop quand même... je voudrais juste que tu viennes avec moi au bord de l'eau, qu'on entre juste au niveau des chevilles.
>
> - mais l'eau est glacée !
>
> - tu renonces ?
>
> - non, non, bien sûr, allons-y...
>
>
En entrant dans l'eau glacée, Camille sentit ses jambes comme prises dans un étau et sourit : elle pensait à Adrien, beaucoup moins habitué qu'elle à ce genre d'expérience. Elle jeta un oeil vers son compagnon : il était blême, visiblement tétanisé par le froid. Elle ne put s'empêcher de jouer un peu avec lui :
>
>
> - Ah, ça fait du bien ! Je peux rester une heure ainsi, l'eau caressant mes jambes, l'iode qui monte à mes narines, je me ressource... Et toi qu'en penses-tu ?
>
>
> Adrien répondit du bout des lèvres :
>
> - Mmm... Super...
>
> Elle le laissa ainsi quelques minutes, regardant à la dérobée le vent jouer avec ses cheveux ondulés. Un frisson la parcourut et elle ne voulut pas se demander si il était dû au charme de son compagnon, ou à l'air marin un peu frais... Elle le délivra enfin, son air de petit garçon punit l'émouvant malgré tout :
>
>
> - bon, je boirais bien un chocolat moi, à moins que tu ne veuilles encore rester ?
>
> Elle se retourna : Adrien n'avait pas attendu une seconde de plus et était déjà sur le sable... Il sortit de sa poche un paquet de mouchoirs en papier :
>
> - Assieds-toi, je vais te sécher.
>
> - tout ton paquet va y passer
>
> - aucune importance...
>
> Ses gestes étaient lents, doux. Ce fut un moment de pur bonheur et Camille se surprit à souhaiter que cela ne finisse jamais. Il la regardait :
>
> - comment te sens-tu ?
>
> - très bien, vraiment
>
> - on va le boire ce chocolat ?
>
> Il l'aida à se lever :
>
> - tu sais, j'ose pas trop retourner au bar où on a planté le garçon tout à l'heure. J'ai ma voiture, on peut aller sur la Corniche, je connais un endroit très sympa, à l'abri du vent et du monde.
>
> - Ca me va... Mais je te suis, j'ai ma voiture aussi.
>
> - prudente ? Soit, comme tu voudras, à tout de suite.
>
> Effectivement l'endroit était délicieux : une lumière tamisée, une musique jazzy en fond, de beaux fauteuils en cuir rouge, et surtout une immense baie vitrée à travers laquelle on pouvait voir les voiliers au loin. Il faisait beau et le soleil réchauffait les tables basses en bois sombre.
>
> - C'est très chouette... Tu emmènes toutes tes conquêtes ici ?
>
> - c'est pas drôle Camille, tu me blesses. Je voulais que tu connaisses cet endroit mais en général j'y viens seul, pour réfléchir, pour me reposer aussi.
>
> - excuse-moi, les vieux réflexes qui reprennent le dessus, mais je vais me surveiller.
>
> - c'est bon, ne t'inquiète pas, c'est normal que tu te poses des questions
>
> - pour que je m'en pose moins ce serait bien que tu me parles de toi, de ta vie
>
> - je commande les chocolats et je me lance.
>
> Avisant de petits gâteaux de toutes sortes sur le comptoir il ajouta :
>
> - ça te dit une petite douceur ?
>
> - Et comment !
>
> Le petit baba au rhum fondait dans sa bouche, Camille s'écria :
>
> - Mmm... C'est délicieux !
>
> - Je suis content que tu aimes
>
> - Faudrait vraiment être difficile... Et portant la tasse de chocolat fumant à ses lèvres, Camille étouffa un cri :
>
> - Oh mais c'est super chaud !
>
> Adrien se mit à rire.
>
> - Ah, cela t'amuse que je me sois brûlé la langue ?
>
> - Non bien sûr, mais te voir apprécier autant ce petit goûter me fait tellement plaisir, je t'assure, c'est très bon de te voir si vivante...
>
> - Allez, ne t'éloigne pas de notre sujet de conversation. Tu me disais donc que tu étais seul depuis deux ans... Etonnant...
>
> - Ah bon, qui y a t-il de surprenant ?
>
> - Ne m'oblige pas à te dire que tu es plutôt charmant, dans la force de l'âge. Qu'est-ce qui peut faire qu'un homme comme toi soit célibataire depuis si longtemps ?
>
> - Deux ans ce n’est pas une éternité non plus. Et il ne faut pas croire que seules les femmes souffrent. Je ne suis pas un collectionneur. Quand j'ai une relation je veux qu'elle soit pleine et qu'elle me fasse du bien, pas seulement sur le plan physique. De plus, je ne suis pas un coureur de jupons. Je privilégie la qualité plus que la quantité. Alors c'est vrai que je suis une espère rare, je le reconnais, mais je t'assure que j'ai rencontré d'autres personnes qui pensent comme moi.
>
> - J'ai du mal à imaginer ça car jusqu'à présent les hommes que j'ai croisé dans ma vie ont été intéressés surtout par le côté physique de la relation, je pensais que vous étiez tous ainsi.
>
> - Je ne demande qu'à te faire changer d'avis...
> - Nous n'en sommes pas encore là, et si tu veux me faire fuir, évite de me dire ce genre de choses.
>
> - C'est vrai que je suis maladroit, c'est peut-être pour cela que ma dernière compagne m'a quitté...
>
> - Elle ne t'a pas donné d'explication ?
>
> - Pas vraiment, enfin, pas directement. Je pensais que tout allait bien entre nous. C'était une relation calme, loin des passions que j'avais vécues avant mais je me disais que c'était peut-être mieux. Elle avait l'air bien avec moi. J'étais heureux de la retrouver tous les soirs apr��s le boulot. Nous allions... (il s'arrêta et son regard parut soudain très très loin).
>
> - Vous alliez quoi ? Adrien ! (Camille posa sa main sur son bras)
>
> Il tressaillit et poursuivit :
>
> - Pardon, j'ai toujours beaucoup de mal à raconter ce moment de ma vie. C'est toujours douloureux d'avouer qu'une femme attendait mon enfant et qu'elle a choisi de se faire avorter tellement elle ne me trouvait nul.
>
> - Es-tu sûr de ça ? Tu as dit que tu n'avais eu aucune explication, n'as-tu pas cherché à en savoir un peu plus ?
>
> - Bien sûr que j'ai essayé ! J'ai appelé ses parents, ce sont eux qui m'ont dit qu'elle était à l'hôpital pour mettre un terme à sa grossesse. Quand j'ai cherché à comprendre sa m��re m'a dit qu'elle ne se sentait pas d'élever un enfant avec un homme comme moi. Que j'étais trop fragile, trop sensible. Qu'elle avait besoin de quelqu'un de solide... Mais tu vois Camille, tout ça, elle aurait pu me le dire en face, me tenir au courant de ses intentions car c'était mon enfant aussi...
>
> Camille fut touchée par la tristesse qui se dégageait tout à coup de tout son être. Elle se leva soudain et proposa :
>
> - Et si on allait s'acheter des barbes à papa ? J'ai vu un marchand ambulant tout à l'heure.
>
> - Oui, et on pourrait monter sur un manège aussi...
>
> - Pourquoi pas ?
>
> - Tu as raison, pourquoi pas ? Ton grain de folie me plait Camille ! Bon, cette fois-ci on prend qu'une seule voiture, ok ?
>
> - D'accord, ce sera la mienne, je n'aime pas me faire conduire...
>
> - Comme tu voudras, moi ça ne me dérange pas.
>
>
> Camille était allongée sur son lit, à même le couvre-lit blanc et rose. Les yeux au plafond elle avait l'impression de tourner encore. La tête du forain quand elle et Adrien étaient montés sur le manège ! Et encore davantage quand il les vit s'installer, elle sur une moto, et lui à bord d'un hélicoptère... Adrien n'avait même pas pu mettre ses grandes jambes à l'intérieur ! Il fallait voir son allure, enfoncé jusqu'à la taille dans l'engin volant, les pieds à l'extérieur ! Et tout ça en mangeant de la barbe à papa ! Elle avait même dû l'aider à sortir de là ! En tout cas, ils avaient beaucoup ri, et bien plus en voyant les yeux éberlués des enfants qui devaient se dire que décidément les grands sont vraiment cinglés !
>
>
> Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas amusée ainsi et elle devait reconnaître que tout le mérite en revenait à ce grand mec sensible au si beau regard. Elle se grondait quand elle se faisait ce genre de réflexion : elle s'était interdit de trouver du charme à quiconque porterait un pantalon. Elle avait trop souffert. Mais bon, pourquoi ne pas s'en faire un ami simplement ? Tu parles ! Sa petite voix intérieure lui avait chuchoté "danger... danger..." depuis le moment où Adrien lui avait adressé la parole sur la plage. Enfin, pour l'instant de toute façon il n'��tait question de rien. Adrien avait voulu bien sûr échanger leurs numéros de téléphone mais elle avait refusé :
>
> - et si on essayait d'être un peu plus originaux que la plupart des gens qui se rencontrent et veulent se revoir ?
>
> - je t'écoute...
>
> - on pourrait se donner rendez-vous à l'endroit où tu m'as aperçue pour la première fois.
>
> - soit ! Mais quand ?
>
> - la semaine prochaine, même heure.
>
> - et si l'un de nous deux avait un empêchement ?
>
> - eh bien nous reviendrions la semaine suivante, et ainsi de suite. De toute façon, je ne te laisse pas le choix, je ne changerai pas d'avis.
>
> - je déteste que l'on me mette devant le fait accompli mais j'ai tellement envie de te revoir que je vais me plier à ta volonté, même si cela va être très dur de n'avoir aucune nouvelle de toi durant une semaine...
>
> - ça ne fait jamais que sept jours, cela passe très vite, surtout quand on travaille. Tu fais quoi au fait ?
>
> - je travaille dans une librairie.
>
> - mais c'est très intéressant !
>
> - oh mais tu pourras venir si le coeur t'en dit et surtout si tu aimes lire...
>
> - mais j'adore la lecture !
>
> - tu veux bien que je te donne le numéro de téléphone de la boutique ? Si tu passes par là tu pourrais venir me voir ?
>
> - Adrien...
>
> - bon, bon, je n'insiste pas, ok ok...
>
> Il baissa la tête, saisit un galet et le jeta au loin dans la mer. Camille en prit un aussi et fit de même. Ils commencèrent ainsi une petite bataille qui les menèrent jusqu'à la tombée du jour.
>
>
> - il se fait tard Adrien, il faut que je rentre.
>
> - quelqu'un t'attend ?
>
> Elle lui mit un doigt sur la bouche :
>
> - c'est trop tôt, ne t'impatiente pas, je te raconterai, mais plus tard, laisse moi le temps. J'aime ces moments où je suis incognito, libre et indépendante, sans nom, sans histoire, sans passé.
>
> - mais avec un avenir, je te le promets.
>
> - on verra, allez laisse-moi partir, faut que j'y aille, à bientôt
>
> - à dans sept jours ?
>
>
>
> Camille acquiéça d'un signe de tête, et s'éloigna. A un moment elle se retourna et le vit : il était toujours là, la regardant s'éloigner, elle lui fit un signe de la main et il lui répondit. Il lui cria quelque chose et il lui sembla que c'était "merci". Le vent s'était lev��, il commençait à faire vraiment froid, elle se hâta jusqu'à sa voiture.
> __________________________________________________
Lundi 2 Février 2009
On était déjà vendredi. Dans deux jours à peine elle reverrait Adrien. Elle était passée par toutes les phases, y compris celle où elle n'était plus du tout sûre d'avoir envie de se rendre au rendez-vous qu'ils s'étaient fixés.
>
> Enfin, elle se donnait encore le droit de changer d'avis. Elle avait par moments très envie de le revoir, et à d'autres très peur. Elle se doutait bien qu'une amitié entre un homme et une femme répondait à une condition incontournable : celle de ne pas s'attirer physiquement... Ce qui de toute évidence n'était absolument pas le cas. Adrien était un homme charmant et elle sentait bien qu'elle était loin de lui être indifférente.
>
>
> Heureusement qu'elle devait s'occuper de sa fille encore jeune, cela lui permettait de reposer son cerveau en ébullition. C'était la nuit le plus dure, quand le silence s'installait dans sa chambre et que des tas d'idées contradictoires se bousculaient dans sa tête.
>
>
> On frappa deux coups timides à sa porte :
>
>
> - oui ?
>
> - c'est moi maman
>
> - qu'y a t-il ma chérie ?
>
> - je n'arrive pas à dormir, je peux venir dans ton lit ?
>
> - si tu veux, viens.
>
> Laurie anne se glissa entre les draps et elle serra son petit corps chaud contre elle. Heureusement qu'elle était là, elle savait qu'elle comptait pour elle, qu'elle avait besoin d'elle. Ca l'avait bien aidée ces dernières années. Elle redoutait plus que tout le moment où elle devrait raconter à Adrien comment elle avait vécu, ses blessures, ses rêves avortés. Et si cela lui faisait peur ? Et si sa vie lui paraissait trop compliquée pour lui ? Finalement, ce serait un bon test.
>
>
> - maman...
>
> - oui ?
>
> - à quoi tu penses ?
>
> - à rien, dors
>
> - la maîtresse dit que l'on pense toujours à quelque chose, que notre cerveau est tout le temps réveill��
>
> - je pense à toi
>
> - c'est vrai ?
>
> - bien sûr que c'est vrai, allez, fais moi un bisou et dors vite, demain il y a l'école.
>
> - bonne nuit maman
>
> - bonne nuit ma chérie.
>
>
> Même si ce n'est pas toujours facile d'élever un enfant, c'est quand même bien moins compliqué que les rapports entre un homme et une femme. L'amour maternel est inconditionnel, sans calcul, sans limites, il est unique. Aucun autre lien, qu'il soit amical ou amoureux n'atteint ce degré d'abnégation. Mais comme il serait doux de pouvoir enfin se reposer sur l'épaule bienveillante d'un homme, baisser les armes, se laisser aller sans calcul, sans pudeur.
>
>
> Camille sentit que le sommeil la prenait, elle ferma les yeux et vit apparaître le sourire d'Adrien qui l'accompagna jusqu'au moment ou elle sombra dans l'inconscience.
_____________________________________
Mercredi 4 Février 2009
On a bien raison de dire que la nuit porte conseil car au petit matin, le rayon de soleil qui traversa la chambre de Camille la mit de bonne humeur, et elle se sentit tout à fait prête à aller au rendez-vous fixé avec Adrien.
>
> Maintenant que sa décision était prise, la journée lui parut interminable. Le soir, quand sa fille fut couchée et la maison rangée (prends-en de la graine Denise...!!!), elle se planta devant son armoire : qu'allait-elle mettre ? Une robe ou un pantalon ? Bon, une robe c'est féminin mais peut-être un peu trop sexy pour un deuxième rendez-vous qui plus est amical... Un pantalon c'est mieux si l'on considère qu'il était fort possible qu'ils passent du temps à paresser sur la plage. Elle opta pour le bon vieux jean, c'était encore la tenue où elle se sentait le mieux. Elle pourrait s'asseoir en tailleur sans être gênée et même retourner sur le manège si l'envie leur en prenait de nouveau...
>
>
> Contrairement à ce qu'elle avait imaginé, elle dormit bien, apaisée. Le lendemain le temps était toujours ensoleillé et le vent s'était calmé : la journée idéale pour aller se promener au bord de mer.
>
>
> Elle décida de s'y rendre avant l'heure fixée pour profiter un peu d'un moment de solitude et pour se préparer mentalement à cette deuxième rencontre. On dit que l'on garde un souvenir inexact d'un premier rendez-vous. Les traits du visage paraissent flous et on a souvent oublié le timbre de la voix. Il lui semblait pour sa part qu'elle se souvenait tr��s bien de la voix un peu rauque d'Adrien, comme celle des chanteurs italiens très à la mode dans les années quatre-vingt.
>
>
> Camille emporta un sandwich et un livre. Elle roula vitres ouvertes et la radio au volume maximum. Elle aimait par-dessus tout ces moments privilégiés où elle faisait ce qu'elle voulait, juste pour se faire plaisir. Un chauffard faillit l'envoyer dans le décor et elle l'insulta de tous les noms : ah ! Ça faisait du bien de se défouler !
>
> Elle trouva rapidement une place pour se garer et regarda sa montre : deux heures d'avance quand même ! Bon, elle s'occuperait, le temps passerait vite entre lecture et observation des gens qui déambulaient.
>
>
> Elle trouva une place à l'abri d'un rocher et se cala confortablement avec son livre sur les genoux. Au bout d'un quart d'heure elle dut se rendre à l'évidence : elle ne parvenait pas à lire une seule ligne, elle était bien plus fébrile et impatiente qu'elle ne l'avait imaginé. Elle abandonna sa lecture et regarda devant elle, la mer était calme et le soleil faisait scintiller à la surface mille diamants imaginaires. Deux enfants jouaient sur le sable, pieds nus. Ce n'était pas encore la saison pour se baigner mais ils se risquaient quand même sur le rivage pour remplir leur seau.
>
>
> Elle ne se rendit pas compte du temps qui passait et quand elle jeta un oeil à sa montre elle s'affola : cela faisait déjà dix minutes qu'elle avait dépassé l'heure du rendez-vous. Elle attrapa son sac et se hâta vers l'endroit où elle et Adrien s'étaient vus pour la première fois. A mesure qu'elle se rapprochait son coeur battait un peu plus fort, elle scrutait l'horizon à la recherche d'un grand mec à l'allure sportive. Elle arriva essoufflée et déçue : personne. Elle regarda autour d'elle mais aucun signe d'Adrien, personne qui lui ressemblait de loin ou de près. Elle s'était préparée à l'éventualité où il ne viendrait pas et elle pensait être suffisamment blindée pour le supporter mais elle était en train de s'apercevoir que ce n'était pas le cas. On ne se refait pas décidément. Elle patienta encore une vingtaine de minutes mais elle avait l'impression que cela ne servait à rien : il ne viendrait pas. Elle décida de rentrer, elle s'était d'abord dite que peut-être elle devrait s'installer à la terrasse d'un café, qu'au moins elle ne serait pas venue pour rien mais elle n'en n'eut pas envie. Elle se dirigea vers sa voiture, les sourcils froncés, le regard loin devant quand elle sursauta : une main s'était posée sur son épaule. Elle se retourna et se retrouva nez à nez avec Adrien, rouge et essoufflé comme si il venait de courir un marathon. D'ailleurs, il lui fallut quelques secondes pour articuler un mot :
>
> - Excuse moi Camille.. J’ai crevé un pneu... il a fallut que je répare... et... comme je n'avais pas ton numéro de portable... (Il était plié en avant, les mains sur les cuisses, complètement hors d'haleine).
>
>
> - Ca va, c'est pas grave, et pour le téléphone, tu as gagné je vais te le donner...
>
> - Dis-moi, tu as lavé tes cheveux ? Ils sont sublimes, d'une brillance extraordinaire !
_________________________________________
Jeudi 5 Février
Camille et Adrien regardaient le soleil se coucher, bien installés à la terrasse d'un glacier.
>
> - Et si on dînait là ?
>
> - peux pas...
>
> - on t'attend ?
>
> - Mmm
>
> - Ecoute Camille, si tu n'es pas libre j'ai besoin de le savoir et très vite. N'attends pas que je m'attache trop à toi...
>
>
> Elle hésitait. Si elle lui racontait comment elle vivait il se sauverait en courant. Cependant, elle avait envie d'être sincère, il le méritait, elle le sentait au plus profond d'elle. Elle le regarda droit dans les yeux :
>
> - je ne veux pas te mentir : j'ai une fille encore très jeune et j'ai une vie très compliquée. Libre je ne le suis pas sur le papier mais dans ma tête sûrement. Sauf que pour l’instant, je ne suis pas prête à t'en dire davantage, c'est beaucoup trop tôt, non, pour exigé que je me livre entièrement ?
>
> - tu as raison, je n'ai aucun droit et cela ne fait que la deuxième fois que l'on se voit, je vais trop vite, mais j'ai des blessures et je ne voudrais pas qu'elles se rouvrent.
>
>
> - il y a une chose qui faut que tu saches : je ne te ferai jamais de mal et je ne te donnerai jamais de faux espoirs. On en est juste au stade d'une amitié débutante, on apprend à se connaître et je ne t'ai rien promis.
>
>
> - c'est vrai, allez, oublie ce que je t'ai dit, je regrette. On pourra quand même se faire un petit repas un de ces jours ?
>
> - si tu payes...
>
> - évidemment ! Pour qui me prends-tu ? Je suis un gentleman ! Suffit que tu choisisses l'endroit et l'heure.
>
> - je vais y réfléchir...
>
> - Camille ?
>
> - Oui ?
>
> - je suis bien, là, avec toi, même si on ne dit rien
>
> - moi aussi.
>
> Ils se regardèrent et leurs visages se rapprochèrent. Ils allaient presque s'embrasser quand un ballon les percuta de plein fouet... ainsi qu'une bonne giclée de sable qui leur obstrua un instant la vision.
>
>
> Ils se levèrent pour s'essuyer et aperçurent un petit garçon aux cheveux tous bouclés, haut comme trois pommes qui reniflait en murmurant :
>
> - zai pas fait exprès...
>
> Adrien lui sourit et lui tapota doucement la tête. Il s'accroupit :
>
> - c'est rien bonhomme, tu es juste arrivé au mauvais moment...
>
> Le petit garçon s'en alla en courant retrouver sa mère. Adrien le suivit des yeux, il était toujours accroupi. Camille s'agenouilla près de lui, lui saisit le visage et l'embrassa très doucement. Puis elle lui dit :
>
>
> - c'est juste parce que j'en avais envie, ne m'en demande pas plus...
>
> - c'est déjà beaucoup, je saurai attendre...
>
> - tu sais, en arrivant, j'ai vu le manège...
>
> - j'allais te proposer de tirer à la carabine aujourd'hui...
>
> - ok, j'ai pitié, mais t'as intérêt à me gagner quelque chose...
>
> ______________________________________
Mardi 10 Février 2009
Tout en conduisant, Camille regardait de temps en temps en direction du siège passager : un énorme lapin blanc trônait, attaché à la ceinture de sécurité. Elle sourit en se remémorant la joie qu'avait laissée éclater Adrien quand il avait gagné la peluche :
>
> - Tu vois ! Je l'ai eue, je t'avais dit que je l'aurais !
> - merci, il est magnifique, il va me tenir compagnie dans mon lit.
>
> - il a bien de la chance...
>
> Camille lui tapa sur l'épaule comme pour le corriger et rit de bon coeur.
> - Et si on mangeait une pomme d'amour ?
> - je ne sais pas si mes dents le supporteraient...
> - suffit de la couper en morceaux
> - dans la rue, comme ça ?
> - non, regarde :
>
> Et Adrien lui montra un canif qu'il avait dans la poche de sa veste.
>
> - Ben... que fais-tu avec ça sur toi ?
>
> - ça peut toujours servir, la preuve...
>
> Sur ce, il partit acheter une pomme toute de rouge caramélisée et entraîna Camille jusqu'à un muret où ils s'assirent. Il étala le papier d'emballage et découpa le fruit en petits quartiers. Il en prit un et le porta à la bouche de sa compagne. Elle eut d'abord un mouvement de recul puis se laissa faire. Au bout de quelques instants elle fit de même et ils se nourrirent l'un l'autre tout en riant de la mine surprise des gens qui les croisaient.
>
> Ils se quittèrent ce soir là avec la promesse de s'appeler un peu plus tard.
>
> Camille pénétra dans son appartement à pas de loups. Elle voulait déposer la peluche dans sa chambre sans que personne ne la vit. Laurie anne lui cria de loin :
>
> - maman ! C’est toi ? Je suis dans mon bain
>
> - j'arrive ma chérie.
>
> Elle prépara ensuite un dîner rapide et après une brève histoire racontée à sa fille épuisée par une journée d'anniversaire chez des copines, elle s'allongea sur son lit et composa le numéro d'Adrien.
>
> - Allo ?
>
> - c'est moi, Camille...
>
> - pas la peine de préciser tu es la seule femme dans ma vie
>
> - tu n'as pas de soeur ?
>
> - si, bien sûr, mais elle n'a pas ta voix...
>
> - bien rentré ?
>
> - oui, et toi ? Ta fille n'a pas craqué pour le lapin ?
> - non... en fait elle ne l'a pas vu.
>
> - bon, c'est une enfant, si elle le veut, tu peux le lui donner.
>
> - pas question, je préfère lui en acheter un, celui-là c'est le mien, je l'aime déjà et je crois que c'est réciproque...
>
> - dois-je en déduire que tu m'aimes un peu ?
>
> - Adrien...
>
> - Ouais, ouais, je sais, je vais trop vite, mais après de tels moments passés en ta compagnie j'ai un peu de mal à redescendre sur terre.
>
> - personne t'empêche de continuer à rêver, moi, c'est qui me fait supporter le quotidien
>
> - les hommes c'est pas pareil, on a besoin de concret, on a du mal à vivre de chimères
>
> - c'est que qui fait que nous sommes complémentaires
>
> - sans doute
>
> Ils parlèrent ainsi pendant plus d'une heure, de tout et de rien, Camille évitant soigneusement les questions trop indiscrètes et Adrien se livrant davantage. Camille dut couper la conversation car elle sentait qu'il serait bien resté à discuter pendant encore une heure et elle commençait à être fatiguée.
>
> - Adrien, il faut que je te laisse, je te rappellerai
>
> - quand ?
>
> - je ne sais pas, demain... non, après-demain
>
> - ça va être long... mais d'accord, j'attendrai. Bonne nuit
>
> - bonne nuit...
> -----------------------------------
> Mercredi 11 Février 2009
Cela faisait un bon moment maintenant qu'Adrien suivait discrètement des yeux une inconnue affublée d'un foulard parme et de lunettes noires. Elle évoluait lentement parmi les rayonnages de livres, en saisissait un, lisait une ou deux pages, le retournait puis le reposait. Elle en prenait un autre, faisait de même, et ainsi de suite.
>
> Adrien se dit qu'il s'agissait peut-être d'un écrivain en mal d'inspiration qui avait besoin de se replonger dans l'univers des livres pour rebooster son imagination.
>
> Il n'osait pas s'approcher d'elle pour lui demander ce qu'elle recherchait exactement car son collègue avait essayé quelques instants plus tôt et elle l'avait rembarré vertement !
>
> - hou là ! Elle est pas commode la dame !
>
> - qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
>
> - qu'elle n'avait pas besoin d'aide, juste qu'on lui fiche la paix !
>
> - pas très gentille effectivement.
>
> Le patron de la librairie, un homme d'une soixantaine d'années vint vers eux :
>
> - dites les garçons, c'est qui la femme incognito là bas ?
>
> Tous les deux haussèrent les épaules dans un signe d'ignorance.
> - Eh bien allez voir, je n'aime pas ça
>
> - elle ne fait rien de mal
>
> - allez donc quand même vous en assurez Adrien
>
> - pourquoi moi ?
>
> - et pourquoi pas ?
>
> Il se dirigea à regret vers l'inconnue et lui demanda le plus doucement possible :
> - vous trouvez votre bonheur ?
>
> Il pensait qu'elle allait l'envoyer balader et fut surpris d'entendre une voix suave lui répondre :
>
> - Enfin, vous en avez mis du temps...
>
> Il connaissait cette intonation... Il tenta, malgré les lunettes, d'apercevoir le regard de son interlocutrice mais elles étaient trop sombres. Soudain, elle les souleva et avec un sourire moqueur lui dit :
> - Alors, on ne m'a pas reconnue ? C'est comme ça que tu penses à moi ?
>
> -Camille ! Mais... pourquoi n'es tu pas venir me dire bonjour tout de suite, et c'est quoi ce déguisement et cette voix de femme fatale que tu as prise ?
>
> Camille regarda derrière elle puis répondit à voix basse :
>
> - je suis suivie
>
> - par qui ?
>
> - mais je blague, décidément tu gobes tout aujourd'hui ! Plus sérieusement je voulais te voir dans ton milieu sans te déranger
>
> - ah c'est réussi !
>
> - bon très bien, puisque tu le prends ainsi je m'en vais, excusez moi votre Altesse
>
> - allez, allez, calme toi, j'ai ma pause dans deux minutes. Il y a un salon de thé juste en face, attends moi, j'arrive.
>
> - ok
>
> Adrien la suivit du regard légèrement amusé. Il voulait être sûr qu'elle l'attendrait. En effet, elle entra dans le café et s'assit près de la vitre. Elle lui fit un signe moqueur et se retourna vers le garçon qui prit sa commande.
>
> Quelques instants plus tard il la rejoignit.
>
> - Alors, on joue les Mata hari ?
>
> - Oui, j'aime bien de temps en temps entrer dans la peau de quelqu'un d'autre
>
> - tu devrais faire du th��âtre
>
> - je prends ça comme un compliment
>
> - c'en est un. Tu sais je finis dans deux heures, tu crois que tu pourrais avoir la patience de m'attendre ? J'aimerais qu'on aille se promener dans le parc juste derrière, tu connais ?
>
> - Oui, bien sûr, j'y vais avec ma fille. Ecoute, j'ai une ou deux courses à faire en ville, je reviens vers 18 heures, ça ira ?
>
> - merveilleux ! Allez, je file il faut que je remplace mon collègue.
>
> Et posant sa main sur celle de Camille il lui sourit et retourna à la librairie.
>
> Elle resta encore un moment à regarder les mouvements de la rue.
>
> Adrien regardait sa montre en faisant les cent pas devant la porte du magasin. Dix-huit heures seize. Mais que faisait-elle ? Et si elle ne venait pas ? Soudain son portable vibra dans la poche. C'était elle :
>
> - Adrien ?
>
> - où es-tu ? Je t'attends depuis plus d'un quart d'heure !
>
> - j'ai dû faire une queue monstre aux caisses à cause des soldes, mais j'arrive, attends moi au parc
>
> - mais il est grand !
> - ne t'inquiète pas, toi aussi tu es grand, je te trouverai !
>
> Adrien regardait les canards glisser sur l'eau sale. Il se dit que ce ne devait pas être rigolo tous les jours d'être un canard.
>
> - Ca ne doit pas être marrant de passer sa vie sur l'eau comme ça, hein ?
>
> - Camille ! Tu m'as trouvé !
>
> - Je te l'avais bien dit !
>
> - il est plus de sept heures, on se promène un peu puis je t'invite à dîner si tu es libre...
>
> - justement, ma fille est chez sa tante ce soir, je suis libre comme l'air.
>
> - quelle bonne nouvelle ! Et si nous allions acheter quelque chose à manger et qu'on le dégustait chez moi, ce n'est pas très loin d'ici
>
> - Ecoute Adrien, ne le prends pas mal mais je ne te connais pas assez pour te suivre chez toi comme ça
>
> - j'ai tellement l'air d'un psychopathe ? Tu m'attristes
>
> - comprends moi, j'ai... j'ai eu une sale expérience, vraiment, je... j'ai peur depuis. Ne m'en veux pas, je te promets que dans quelques temps ce sera possible, mais pas encore...
>
> - ok, ça va, je vais t'emmener dans un super restaurant de pâtes ça te dit ? Et tu me raconteras cette expérience malheureuse, tu veux bien ?
>
> - Va pour les pâtes, pour le reste on verra...
>
> Il la saisit par le bras et elle le laissa faire, il marchèrent en respirant la nature à pleins poumons. Le parc se vidait et ils se sentaient particulièrement bien et libres, loin de la foule et seuls au monde.
Camille avait de la sauce tomate tout autour de la bouche et souriait à son compagnon de table en engloutissant des spaghettis. Il rit et l'essuya avec sa propre serviette :
>
> - là, c'est mieux comme ça. J'adore te voir manger !
>
> - je ne peux pas en dire autant de toi, tu as à peine touché à ton assiette
>
> - je n'ai pas très faim, je me nourris de ton visage...
>
> - dragueur !
>
> - cela me fait de la peine que tu ne me crois pas, que tu penses que je suis juste un baratineur
>
> - mais non, je plaisante. Bon, ce n’est pas tout ça mais j'aimerais bien une crêpe en dessert, tu crois qu'ils en ont ?
>
> - je pense, sinon je connais une crêperie sur le Port, on peut y aller si tu veux
>
> - j'aimerais bien, oui !
>
> - je te sers encore un verre de vin ?
>
> - tu ne voudrais pas m'enivrer ? Je t'avertis, il n'y a que la mer qui me rend ivre, et encore seulement l'oc&e
SUR L'ÉGLISE ET LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES
http://en.wikipedia.org/wiki/Scott_Ritter:
http://www.prisonplanet.com/articles/january2008/230108_ritter.htm:
http://reopen911.info/et son forum sont ouverts à tou(te)s :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080118.OBS5959/la_video_sur_internet_dun_exces_de_vitesse_sert_de_base.html?idfx=RSS_notrdans des séquences vidéos.
Ouverture d’une enquête judiciaire pour une vidéo d’excès de vitesse… …mais pas d’enquête judiciaire pour la vidéo de la démolition contrôlée du WTC7 2 poids 2 mesures ? (photo-composition 911nwo.info)
http://www.dailymotion.com/video/x1tk3h_225-kmh-exces-de-vitesse.
http://www.dailymotion.com/video/x1tk3h_225-kmh-exces-de-vitessevenait à être condamné alors même que le gouvernement étasunien n’est pas inquiété dans cette vidéo-là
http://video.google.com/videoplay?docid=-4556787288866368337, cela ferait porter une ombre lourde sur la justice en général, et la justice française en particulier en terme de 2 poids 2 mesures :
http://www.sos-attentats.org/fiche-liste-attentats.asp?id={3903766B-11A3-4914-B524-E823AEFEF6C7}&c=Attentats&lan_id=fr.
http://dominikgeorges.free.fr/911/911.htm, qui remettent en tout cas en cause la version officielle de l’enquête administrative menée par le même gouvernement étasunien ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Radio-T%C3%A9l%C3%A9vision_belge_de_la_Communaut%C3%A9_fran%C3%A7aise, la télévision publique belge. Pourtant à l’époque et depuis, il semble - sauf erreur toujours possible (merci de signaler en zone commentaires si vous avez vu un zapping avec cette séquence) - qu’aucune chaine de télévision n’ait relevé cet incident, aucune émission de zapping
http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid1830-c-zapping.htmlsoi-disant impertinente n’a jugé bon de montrer cet extrait.
http://www.dailymotion.com/video/x42hdj_rtbf-debat-sur-le-11-septembre-2001_politics
http://www.dailymotion.com/video/68688, et dont le site Politique de Vie
http://www.politiquedevie.net/est tenu à jour jusqu’au 26 Septembre 2007, date d’un procès sur la magistrature et la Franc-maçonnerie. Merci d’indiquer en commentaires si vous avez des nouvelles de cet intervenant depuis.
http://en.wikipedia.org/wiki/Democratic_Party_of_Japande Yukihisa Fujita
http://en.wikipedia.org/wiki/Yukihisa_Fujita, interroge le 10 janvier 2008 devant les caméras de télévision la chambre des représentants (japon) sur le 11 Septembre pendant 30 minutes, exprime ses doutes quant à la version officielle, le rôle de la police japonaise qui devrait pouvoir enquêter sur la mort de citoyens japonais pendant le 911.
http://www.911blogger.com/node/13340.
http://www.911blogger.com/node/13272, il apparait une remarquable coïncidence entre les étages des Twins Towers dont la protection au feu a été renforcée dans les années précédant le 11 septembre et ceux où ont eu lieu les impacts, les incendies et la rupture finale initiant les effondrements…
http://fr.wikipedia.org/wiki/National_Institute_of_Standards_and_Technologysur le WTC
http://fr.wikipedia.org/wiki/WTC, et le schéma ci-dessous donne une idée de la corrélation avec ceux touchés le 11 septembre ; corrélation parfaite en ce qui concerne le WTC1…
http://911nwo.info/wp-content/uploads/2008/01/wtc-correlation-impacts.jpg
http://www.fromthewilderness.com/May be copied and distributed for non-profit purposes only.] .
Une salle de surveillance aérienne du Norad aux USA Source Google images
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/02_11_02_lucy.html). Le but de cet agenda est de prouver que l’administration Bush, si elle n’est pas nécessairement l’auteur des attentats commis contre les tours jumelles, n’a, en tout les cas, strictement rien fait pour les empêcher. En d’autres termes : Des éléments de cette administration sont impliqués dans les attentats. Et c’est ce que la chronologie de M. Ruppert veut prouver.
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/carlyle.html]
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/f_a_zeitung_story.html]